dimanche 24 février 2008

Ouf!






























Ouf!

Pas fâché de passer un dimanche calme à la maison. Les deux dernières semaines ont été plutôt fatigantes.

Je crois que mon dernier message vous a inquiété. Alors, je vous rassure. Voici de bonnes nouvelles.

Lundi, Nicolas a repris la route de Ouaga avec Anna toujours fiévreuse. Il s’est alors rendu dans une autre clinique que lui avait suggéré quelqu’un d’ici. Le médecin qui les a accueilli, un belge au Burkina Faso avec ses 4 enfants depuis des années et qui a pratiqué dans la région où nous habitons, à en quelques minutes diagnostiqué chez Anna une fièvre typhoïde. En écoutant Nicolas raconter les maux dont avaient soufferts Mathilde et Lou au cours des dernières semaines, il a demandé à les voir dès le lendemain matin. Le diagnostic pour les trois fut le même, fièvre typhoïde. À présent, ils ont commencé leur nouveau traitement et ils se portent beaucoup mieux. Nous avons tout de même eu très peur. Mais, nous sommes à présent soulagé.

Au moment où tout cela se passait, à Léo les choses bougeaient. Cette fin de semaine, toute la population de la province ainsi que des invités de marque de tout le pays ce sont réunis à Léo afin de célébrer la 17e édition de la fête de l’igname. Nous avions choisi cette occasion afin d’effectuer le lancement de la vente des savons. Pour ceux et celles qui l’ignorent ces savons, à base de karité sont fabriqués par l’Union des Groupements de Productrices de Produits de Karité (UGPPK/S-Z), sont depuis le 15 février dernier, distribués exclusivement dans tout le pays par le Réseau des jeunes (RJ/SZ). Les marges de bénéfice de cette vente seront réparties en part égale entre les deux organisations qui utiliseront ensuite chacune au moins 20% de la somme ainsi amassée pour la prise en charge des orphelins et des enfants vulnérables. Afin de mettre en place ce projet nous avons sollicité nos amis, nos collègues et notre famille. Petit à petit l’argent commence à entrer. Nous en profitons pour remercier tout ceux qui nous ont appuyés et encourager les autres à le faire. Pour en savoir plus sur ce projet je vous invite à me contacter.

Alors, en quelques jours nous avons du organiser le tout. En plus du kiosque, des affiches, des banderoles, d’un jeu concours et de d’autres activités, nous avions décidé d’offrir à la population une prestation théâtrale effectuant la promotion du beurre de karité et du savon à base de karité. En 6 jours seulement, les 15 jeunes (âgés de 15 à 26 ans) de la troupe de théâtre du Réseau des jeunes, avec ma collaboration, ont écrit une pièce, construit le décor, appris leur rôle et effectuer une représentation en français et en gourounsi sur la place publique au centre de la ville tout près du marché. Environ 250 personnes étaient présentes. Malgré des petits problèmes de son, ce fut un succès. Les jeunes étaient extrêmement fièrent d’eux et moi aussi. Cela se déroulait la veille de la fête, le lendemain notre kiosque trônait fièrement au centre d’une cinquantaine d’autres exposant la majorité des montagnes d’ignames, ce tubercule pas très très joli. Nos savons avaient fière allure parmi ces « pieds d’ogres », comme le dit Mathilde, et il ce sont vendus très bien, ce qui est très encourageant.

Alors, entre les rendez-vous médicaux, les voyages en TSR vers la capitale et l’organisation de cet événement nous n’avons pas chômé.

Sur l’une des photos ci-dessus vous apercevez les danseurs masqués qui ont ouvert la cérémonie. C’était très impressionnant.

À présent, nous avons les yeux tournés vers les informations du pays, car la semaine dernière dans les grandes villes du pays des manifestations ont été organisées afin de protester contre la cherté de la vie. Des émeutes ainsi que des arrestations ont eu lieu dans la ville de Bobo-Dioulasso. Depuis lors, on nous encourage à éviter les attroupements de même que cette ville. Nous avions prévus nous y rendre le 5 mars prochain. C’est dans ces moments qu’on prends conscience du fragile équilibre social qui règne ici. Nous espérons que la situation rentrera bientôt dans l’ordre, en même temps l'inégalité entre les divers couches de la population doit cesser.

À travers tous ces événements je n’ai pas eu l’occasion de vous raconter la cause de l’une de mes montés de lait du mois. Il y a de cela quelques jours, une compagnie de tabac était à Léo afin d’effectuer la promotion de ces produits. Pour l’occasion, une caravane avec podium a été déployée au centre de la ville. En soirée on n’y a effectué une animation grand public avec musique et jeux. Des centaines de « cadeaux » ont été offerts aux participants, soient : des t-shirt, des porte-clefs et bien sur des cigarettes. Repoussé de leur marché traditionnel, les grandes compagnies de tabac sont désormais à la conquête de nouveaux marchés. Mais comment les empêcher? Voilà un problème de santé public qui devrait mériter toute l’attention des dirigeants du pays mais également de ceux des autres pays qui travaillent depuis des années à les repousser. Mais les compagnies de tabac ont sûrement de bons arguments afin de convaincre les dirigeants de leur laisser la porte grande ouverte…

Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée et un bon début de semaine.

Je joins à ce message une photo de Anna la princesse africaine.

Marie-Claude

dimanche 17 février 2008

Les malades

Bonjour!

Après plusieurs jours de silence, voilà que je prends le clavier afin de vous donner de nos nouvelles. Les derniers jours ont été très difficiles côté santé. Tout a commencé mercredi le 5 février. Mathilde a quitté l’école en matinée prétextant des maux de cœur. Lou a suivi plus par support moral que maladie. Dans la soirée de jeudi tous les deux se sont mis à faire de la fièvre. Dans la nuit, Lou a commencé à vomir. Le vendredi et le samedi les choses se sont calmé. La fièvre et les vomissements ayant disparu nous n’avons pas cru bon de nous rendre à Ouaga pour voir un médecin le samedi. Cependant, dimanche Lou s’est mis à se plaindre de maux de ventre et a recommencé à vomir. Lundi matin, Lou, Mathilde et moi avons donc pris la route de Ouaga. Une fois à la clinique le médecin a tout de suite hospitalisé Lou afin de soulager sa douleur et effectuer des examens. Il était tellement souffrant qu’au moment du test de paludisme et de l’introduction de sa perfusion il n’a même pas pleuré. Mathilde a elle aussi vue le médecin qui a diagnostiqué chez elle une bronchite. Mathilde est donc allé passer la journée et la nuit chez deux autres volontaires. Pendant ce temps, Nicolas était demeuré à Léo avec Anna, qui, le lundi soir à elle aussi commencé à faire de la fièvre. Nicolas et Anna ont donc eux aussi pris la route de Ouaga le mardi matin. Arrivée à la clinique, Anna, avec un troisième diagnostic de paludisme depuis notre arrivée, a elle aussi été hospitalisé pour son traitement. Nous avons eu très peur, particulièrement pour Lou, pour qui le diagnostic n’est toujours pas clair (le médecin soupçonne des amibes). Il soufrait énormément et n’a pas pu s’alimenter pendant près d’une semaine.

Nous sommes sortis de la clinique vendredi dernier, après 4 jours d’hospitalisation pour Lou et deux pour Anna. Nous avons tous dormis à l’hôtel vendredi et pris la route de Léo samedi matin. Depuis notre retour, Anna a recommencé à faire de la fièvre. Au moment où je vous écris nous ignorons toujours si nous reprendrons la route en direction de Ouaga demain matin. Nous demeurons en contact téléphonique avec le médecin de la clinique de Ouaga.

En résumé, nous avons donc vécu beaucoup d’émotions au cours des derniers jours. Nous espérons que la situation rentrera dans l’ordre au cours des premiers jours. Nous vous tiendrons au courant.

Marie-Claude